Le projet de naissance : se réapproprier l'accouchement

Publié le par Naître Et Grandir Ensemble

Un nombre croissant de futurs parents souhaitent échapper à la surmédicalisation et être acteurs de la venue au monde de leur bébé. Pour ce faire, ils peuvent élaborer un projet de naissance, contrat informel passé avec l'équipe médicale chargée de l'accouchement, dans le sens d'un plus grand respect de leurs attentes.

Qu'est ce qu'un projet de naissance (PN)

Le PN permet aux parents de préciser quels gestes médicaux ils souhaitent éviter à la maman et au bébé lors de l'accouchement, et lesquels ils souhaitent privilégier. Il est établi entre le couple et l'équipe médicale chargée d'accompagner la naissance de l'enfant, la plupart du temps en milieu hospitalier. C'est comme son nom l'indique, un projet. Il n'a donc pas valeur impérative, mais il peut faire office de contrat informel. Il est préférable de le rédiger par écrit, tant pour se mettre les idées au clair que pour permettre au PN de circuler parmi les soigants et, si possible, d'être inséré dans le dossier médical.

Pourquoi faire un projet de naissance?

"Le PN est l'occasion pour les futurs parents de réfléchir à ce qu'ils souhaitent afin de ne pas se laisser engloutir par la médicalisation des accouchements et d'être acteurs à part entière de la venue de leur bébé" souligne Sophie Gamelin-Lavois, consultante en périnatalité et fondatrice de l'Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté (AFAR).

D'un point de vue juridique, le PN n'est autre que la concrétisation du "contrat de soins" entre médecin et patient prévu par l'article 32 du Code de déontologie médicale. Il trouve aussi son relais dans l'article L-111164 du code de la santé publique, qui permet au patient d'opposer un refus devant tout acte médical. Par ailleurs, la création d'un tel projet est recommandé dans le rapport Mattéi de 2003, le plan périnatalité 2005-2007 et un rapport de la Haute Autorité de Santé de 2005.

Quand faut-il s'y prendre?

Le PN est le résultat d'un cheminement de longue haleine et est susceptible d'évoluer au fil de la grossesse. De plus, il est évident que les "négociations" avec le corps médical sont d'autant plus difficile que la grossesse est avancée. C'est pourquoi il est important d'y travailler en amont. L'idéal serait de commencer à s'informer sur les vigueurs en pratique dans les maternités avoisinantes avant de faire son choix.

Comment le rédiger?

Couchez vos souhaits et vos refus (dans cet ordre de préférence) sur le papier. Vous pouvez avoir recours à une lettre-type, mais pas question de faire un simple copié-collé! Quant au ton, restez "soft" : le PN n'est pas une plate-forme revendicative, mais une base de négociations, dans le cadre d'une communication cordiale et respectueuse. "Gardez à l'esprit que si le patient peut s'opposer à un acte médical, ajoute Sophie Gamelin, le médecin, de son côté, peut refuser de prendre en charge une patiente qui n'adhére pas à sa pratique!". Dans cette optique, éviter de "balancer" la totalité de l'arsenal juridique! Il sera bien temps de dégainer vos droits en cas de conflit. Privilégiez les formulations positives, telles que "nous préférerions" ou "si la condition du bébé et de la mère le permet", à des phrases du type "nous refusons" ou "nous nous opposons formellement". De même, il peut être avantageux d'expliquer la raison des choix : "j'apprécierais que l'on fasse un usage modéré du monitoring afin de me permettre le plus de mobilité possible"... Sur le fond, attention aux demandes impossibles ou irréalistes. "Par exemple, précise Sophie Gamelin, on ne peut s'opposer à priori à une épisiotomie si le bébé nait en siège". Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez demander conseil à une association comme l'AFAR.

Et le jour J?

Faites plusieurs exemplaires du projet (dossier, équipe médicale...) et apportez en un avec vous le jour J. Gardez toutefois à l'esprit que même si votre projet a reçu un excellent accueil tout au long de votre grossesse, rien n'est pourtant acquis. D'une part, les soignants présents ce jour-là ne le connaitront pas par coeur. Il faudra donc leur rappeler certains détails à chaud, improviser en fonction de la situation. D'autre part, tout dépendra du déroulement de l'accouchement. En cas de complications, les praticiens peuvent être amenés à refuser certaines requêtes pour assurer le bon déroulement de la naissance. A l'inverse, la négociation se joue à tout moment : même s'il n'a pas été discuté avec l'équipe, vous pouvez toujours refuser un acte médical.

Source : Magazine "Grandir Autrement" Mai-juin 2007

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M
 bonjour et merci pour le journal de votre asso très bien fait!
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