La dépression du post-partum
Chaque année, la dépression des jeunes mamans touche environ 800 000 femmes. Lever le tabou sur ce mal-être est fondamental pour déculpabiliser ces mères et leur faire savoir qu'elles peuvent se soigner.
Un rendez-vous manqué
La dépression du post-partum, est un mal être profond qui résulte de l'incapacité pour une maman de rencontrer son bébé, d'entrer en communion avec lui. De cette non-rencontre naît un malaise latent qui dégénère ensuite en dépression. Ces mamans se disent désorientées, coupables de ne pas fondre d'amour devant leur bébé, submergées par les attentes de ce petit être.
Une souffrance silencieuse
Dans les cas de dépression aiguës, les mamans peuvent même éprouver des phobies d'impulsion comme la peur de laisser tomber leur enfant ou de lui faire du mal. Honteuses et isolées dans leur souffrance, elles se taisent. Lever le tabou sur la dépression du post-partum est donc une priorité quand on sait qu'elle peut toucher toutes les mères et pas seulement celles ayant un "terrain" dépressif. Imprévisible, ce mal-être peut en effet survenir à tout moment de l'histoire d'une maman, à la naissance du premier enfant comme du petit troisième.
Des mamans comme les autres
Malgré tout, les femmes concernées se demandent toujours : "pourquoi moi?" Le docteur Claude Boukobza, psychologue-psychanalyste et responsable de l'unité d'accueil mère-enfant de Saint-Denis veut avant tout les déculpabiliser : "Devenir mère est un processus psychique complexe qui consiste à décentrer son narcissisme sur son bébé. Certaines mamans n'y arrivent pas, car, par exemple, elles investissent leur travail et ont l'impression de ne plus exister ou encore parcequ'elles n'ont pas été suffisamment maternées enfant et ont du mal à se consacrer entièrement à leur bébé". L'histoire personnelle (leur relation à leur mère, leur place dans leur fratrie) de ces mamans entre bien souvent en ligne de compte.
Le contexte de la naissance
Mais certains facteurs environnementaux jouent aussi un rôle clé. A commencer par le contexte de l'accouchement. Lapéridurale qui endort le corps coupe également la mère de son ressenti psychique. Spectatrice de son accouchement, elle peut mettre du temps à réaliser que son bébé est né. Au moment de la naissance, une séparation précoce du bébé et de sa maman peut elle aussi parasiter leur rencontre.
Sortir du silence
Faute d'avoir été accompagnées, ces mamans souffrent et pensent ne jamais s'en sortir. Erreur! La dépression du post-partum se soigne à condition d'en parler. Le plus simple est de se tourner vers une personne de confiance : sa sage-femme ou sa doula, qui saura orienter la maman vers un thérapeute. Une psychothérapie est le remède ad hoc. La prise d'anti-dépresseurs n'est envisagée qu'en derniers recours. Des unités mères-enfants accueillent également les mamans les plus désemparées et leurs bébés en hospitalisation totale ou de jour. Cette solution est envisagée quand le bébé montre des signes de souffrances. Car il faut le savoir, un bébé dont la maman déprime peut souffrir d'un retard psychomoteur...
Maman blues : une association pour les mères en souffrance
Créée en 2206 par un groupe de mamans mobilisées autour de la difficulté maternelle, l'association Maman blues a pour objectif de soutenir les mères en souffrance, et d'inviter les professionnels de la santé à s'investir dans le cadre de cette difficulté maternelle. Un site web met à la disposition des mamans des informations, un forum de discussion et des coordonnées de professionnels.
Maman blues, 47 rue Balard, 75 015 Paris
association_maman-blues@voilà.fr
Source : Magazine "Grandir Autrement" Mars-Avril 2007