Obstétrique : ce qui a changé en 5 ans
L'acupuncture a fait ses preuves
Il y a quelques années encore, on parlait de l'acupuncture en évoquant ses bienfaits sur la douleur de l'accouchement. Désormais, la discipline chinoise s'applique aussi aux mois qui précèdent la naissance pour soulager les maux de la grossesse. Ainsi, en 2005, une étude suédoise a démontré l'effet bénéfique des petites aiguilles sur les douleurs pelviennes, fréquentes au troisième trimestre de la grossesse. Et désormais, des diplômes interuniversitaires sont ouverts aux médecins et aux sages-femmes dans plusieurs facs de médecine. Maux de dos, jambes lourdes, troubles du sommeil, entre autres, peuvent donc être traités par un acupuncteur. Seule condition : faire appel à des médecins ou sages femmes spécifiquement formés à l'acupuncture obstétricale.
Le toucher vaginal : au cas par cas
Un médecin ne vous examine pas au cours de la consultation? Ce n'est pas le signe qu'il vous néglige. Au contraire, même. Aujourd'hui, on sait qu'un toucher vaginal à chaque consultation ne sert à rien, puisque cela ne permet pas de mieux dépister les menaces d'accouchements prématurés. Le bon rythme : un toucher en début et un autre en fin de grossesse. Il faut ensuite des "signes d'appel" (contractions, douleurs, pertes inhabituelles, etc) pour justifier un toucher vaginal supplémentaire.
Les premières doulas ont débarqué
Il y a cinq ans, on ignorait tout d'elles. Depuis, les magazines féminins ne cessent d'en parler. Ces accompagnantes à la naissance vous assurent de leur présence et de leurs conseilspendant la grossesse, lors de la naissance et aprés. Encore trés peu nombreuses en France, elles sont souvent mal acceptées par les professionnels de la naissance qui ont le sentiment que ces dernières empiètent sur leur travail. Et si les doulas venaient en fait combler un manque de disponibilité souvent pointé par les mamans?
Rhésus négatif : prévention systématique
28 semaines d'aménorrhée : c'est le nouveau rendez-vous des femmes dont le groupe sanguin est de rhésus négatif lorsque leur compagnon est, lui, de rhésus positif. Elles reçoivent désormais une injection systématique de gammaglobulines (ou anti-D) à cette date là. La recommandation officielle de cette mesure ne datant que de l'an dernier, elle peine encore à se mettre en place.
Un entretien au 4éme mois
Lors de votre inscription à la maternité, on vous propose désormais une première consultation médicale et un entretien individuel. Ce rendez-vous est l'occasion de faire le point sur votre situation familiale et sociale, votre suivi de grossesse, et d'évaluer vos éventuels besoins d'assistance. La mesure a été officialisée par le plan périnatalité 2005-2007.
Le cerclage : passé de mode
La technique consiste à cercler le col de l'utérus avec un fil ou une bandelette de tissu synthétique. Une méthode qui sert à le "vérouiller à double tour" et à prévenir ainsi les risques d'accouchement prématuré. L'opération se pratique généralement à la fin du premier trimestre de grossesse, sous anesthésie. Le cerclage fut un temps très en vogue, au point même que certains obstétriciens avaient le geste facile, au cas où... Or les études ont montré, depuis, que la technique ne présentait un intérêt que dans un nombre trés restreint de cas (quand le col présente une béance ou que l'utérus est mal formé).
Trisomie 21, le dépistage s'est affiné
Il n'y a encore pas si longtemps, on ne possédait que le dosage des marqueurs sériques (HT21) pour déterminer notre niveau de risque de porter un bébé atteint de trisomie. Désormais, le dépistage de la trisomie 21 associe efficacement deux stratégies : le dosage des marqueurs sériques dans le sang maternel et, surtout, la mesure échographique de la clarté nucale. Cette mesure a d'ailleurs hissé au rang de véritable examen de dépistage l'échographie à douze semaines d'aménorrhée. Si l'épaisseur est de plus de 3 mm, il est préférable de passer une amniocentèse pour savoir si le bébé est concerné. Toutefois, dans quelques années, le dépistage devrait finalement disparaitre au profit d'un diagnostic fiable et sans risque : on sait désormais, grâce à une simple prise de sang maternel, isoler les cellules foetales. L'ADN de ces cellules fournit de précieux renseignements quant au statut chromosomique du bébé.
Une sage femme du début jusqu'à la fin
Le décret est passé en août 2005 : les sages femmes ont maintenant le droit de signer les déclarations de grossesse. Si on le souhaite, on peut donc être suivie par une sage femme de la grossesse jusqu'à l'accouchement et même les jours suivants. Seul hic : les sages femmes qui pratiquent cet accompagnement global sont encore peu nombreuses.
Préparation à la naissance : les cours se raréfient
La dernière enquête périnatale montre qu'en 2003, les femmes enceintes ont été moins nombreuses à suivre des cours de préparation à l'accouchement. Or, parmi celles qui n'en ont pas bénéficié, 20% déclaraient qu'on ne leur en avait tout simplement pas proposé! C'est là l'un des effets pervers des politiques de santé récentes. En effet, faute de budget suffisant, les maternités attribuent en priorité aux sages femmes les postes d'urgence : les accouchements, la surveillance des grossesses pathologiques... Et la préparation à la naissance n'est plus prioritaire.
De plus en plus de suivi "en ville"
Les maternités étant surchargées, on propose de plus en plus aux femmes enceintes d'être suivies par un médecin en ville avant d'être prises en charge, vers 7 mois de grossesse, par l'équipe de la maternité. Bien sûr, quand on choisit d'abord son gynéco, c'est la filière classique. Sauf qu'aujourd'hui, c'est parfois un choix "subi". Et la tendance devrait s'accentuer dans les années à venir, car l'organisation en raéseaus entre les maternités et les médecins de ville favorise ce type de prise en charge.
Tabac et alcool : interdits!
Le discours sur la consommation de cigarettes et d'alcool s'est radicalisé ces derniers mois. Il n'y a plus aucune tolérance. Pourtant on se demande toutes : une coup de champagne pendant la grossesse va t-elle être vraiment néfaste au bébé? Sans doute pas. Mais un message de santé publique doit être fort pour être entendu. Par ailleurs, il faut aussi faire la part des choses : pour l'alcool, c'est l'accumulation qui se révéle dangereuse. Quant à la cigarette, on sait que même une petite consommation a un impact sur le bébé.
Le projet de naissance a la cote
Le principe? Ecrire noir sur blanc ses desiderata pour l'accocuhement. Par exemple, marcher pour soulager les contractions, bénéficier d'un bain pendant le travail, accoucher sur le côté... Ensuite on présente le projet à l'équipe de la paternité pendant la grossesse pour en discuter. Cetaines demandes étant possibles à satisfaire et d'autres non (absence de perfusion ou de cathéter dans le bras par exemple). Seul bémol : les positions des médecins diffèrent sur ce projet de naissance et si quelques maternités l'encouragent, d'autres refusent le principe.
Source : Magazine "Parents" Janvier 2007
Il y a quelques années encore, on parlait de l'acupuncture en évoquant ses bienfaits sur la douleur de l'accouchement. Désormais, la discipline chinoise s'applique aussi aux mois qui précèdent la naissance pour soulager les maux de la grossesse. Ainsi, en 2005, une étude suédoise a démontré l'effet bénéfique des petites aiguilles sur les douleurs pelviennes, fréquentes au troisième trimestre de la grossesse. Et désormais, des diplômes interuniversitaires sont ouverts aux médecins et aux sages-femmes dans plusieurs facs de médecine. Maux de dos, jambes lourdes, troubles du sommeil, entre autres, peuvent donc être traités par un acupuncteur. Seule condition : faire appel à des médecins ou sages femmes spécifiquement formés à l'acupuncture obstétricale.
Le toucher vaginal : au cas par cas
Un médecin ne vous examine pas au cours de la consultation? Ce n'est pas le signe qu'il vous néglige. Au contraire, même. Aujourd'hui, on sait qu'un toucher vaginal à chaque consultation ne sert à rien, puisque cela ne permet pas de mieux dépister les menaces d'accouchements prématurés. Le bon rythme : un toucher en début et un autre en fin de grossesse. Il faut ensuite des "signes d'appel" (contractions, douleurs, pertes inhabituelles, etc) pour justifier un toucher vaginal supplémentaire.
Les premières doulas ont débarqué
Il y a cinq ans, on ignorait tout d'elles. Depuis, les magazines féminins ne cessent d'en parler. Ces accompagnantes à la naissance vous assurent de leur présence et de leurs conseilspendant la grossesse, lors de la naissance et aprés. Encore trés peu nombreuses en France, elles sont souvent mal acceptées par les professionnels de la naissance qui ont le sentiment que ces dernières empiètent sur leur travail. Et si les doulas venaient en fait combler un manque de disponibilité souvent pointé par les mamans?
Rhésus négatif : prévention systématique
28 semaines d'aménorrhée : c'est le nouveau rendez-vous des femmes dont le groupe sanguin est de rhésus négatif lorsque leur compagnon est, lui, de rhésus positif. Elles reçoivent désormais une injection systématique de gammaglobulines (ou anti-D) à cette date là. La recommandation officielle de cette mesure ne datant que de l'an dernier, elle peine encore à se mettre en place.
Un entretien au 4éme mois
Lors de votre inscription à la maternité, on vous propose désormais une première consultation médicale et un entretien individuel. Ce rendez-vous est l'occasion de faire le point sur votre situation familiale et sociale, votre suivi de grossesse, et d'évaluer vos éventuels besoins d'assistance. La mesure a été officialisée par le plan périnatalité 2005-2007.
Le cerclage : passé de mode
La technique consiste à cercler le col de l'utérus avec un fil ou une bandelette de tissu synthétique. Une méthode qui sert à le "vérouiller à double tour" et à prévenir ainsi les risques d'accouchement prématuré. L'opération se pratique généralement à la fin du premier trimestre de grossesse, sous anesthésie. Le cerclage fut un temps très en vogue, au point même que certains obstétriciens avaient le geste facile, au cas où... Or les études ont montré, depuis, que la technique ne présentait un intérêt que dans un nombre trés restreint de cas (quand le col présente une béance ou que l'utérus est mal formé).
Trisomie 21, le dépistage s'est affiné
Il n'y a encore pas si longtemps, on ne possédait que le dosage des marqueurs sériques (HT21) pour déterminer notre niveau de risque de porter un bébé atteint de trisomie. Désormais, le dépistage de la trisomie 21 associe efficacement deux stratégies : le dosage des marqueurs sériques dans le sang maternel et, surtout, la mesure échographique de la clarté nucale. Cette mesure a d'ailleurs hissé au rang de véritable examen de dépistage l'échographie à douze semaines d'aménorrhée. Si l'épaisseur est de plus de 3 mm, il est préférable de passer une amniocentèse pour savoir si le bébé est concerné. Toutefois, dans quelques années, le dépistage devrait finalement disparaitre au profit d'un diagnostic fiable et sans risque : on sait désormais, grâce à une simple prise de sang maternel, isoler les cellules foetales. L'ADN de ces cellules fournit de précieux renseignements quant au statut chromosomique du bébé.
Une sage femme du début jusqu'à la fin
Le décret est passé en août 2005 : les sages femmes ont maintenant le droit de signer les déclarations de grossesse. Si on le souhaite, on peut donc être suivie par une sage femme de la grossesse jusqu'à l'accouchement et même les jours suivants. Seul hic : les sages femmes qui pratiquent cet accompagnement global sont encore peu nombreuses.
Préparation à la naissance : les cours se raréfient
La dernière enquête périnatale montre qu'en 2003, les femmes enceintes ont été moins nombreuses à suivre des cours de préparation à l'accouchement. Or, parmi celles qui n'en ont pas bénéficié, 20% déclaraient qu'on ne leur en avait tout simplement pas proposé! C'est là l'un des effets pervers des politiques de santé récentes. En effet, faute de budget suffisant, les maternités attribuent en priorité aux sages femmes les postes d'urgence : les accouchements, la surveillance des grossesses pathologiques... Et la préparation à la naissance n'est plus prioritaire.
De plus en plus de suivi "en ville"
Les maternités étant surchargées, on propose de plus en plus aux femmes enceintes d'être suivies par un médecin en ville avant d'être prises en charge, vers 7 mois de grossesse, par l'équipe de la maternité. Bien sûr, quand on choisit d'abord son gynéco, c'est la filière classique. Sauf qu'aujourd'hui, c'est parfois un choix "subi". Et la tendance devrait s'accentuer dans les années à venir, car l'organisation en raéseaus entre les maternités et les médecins de ville favorise ce type de prise en charge.
Tabac et alcool : interdits!
Le discours sur la consommation de cigarettes et d'alcool s'est radicalisé ces derniers mois. Il n'y a plus aucune tolérance. Pourtant on se demande toutes : une coup de champagne pendant la grossesse va t-elle être vraiment néfaste au bébé? Sans doute pas. Mais un message de santé publique doit être fort pour être entendu. Par ailleurs, il faut aussi faire la part des choses : pour l'alcool, c'est l'accumulation qui se révéle dangereuse. Quant à la cigarette, on sait que même une petite consommation a un impact sur le bébé.
Le projet de naissance a la cote
Le principe? Ecrire noir sur blanc ses desiderata pour l'accocuhement. Par exemple, marcher pour soulager les contractions, bénéficier d'un bain pendant le travail, accoucher sur le côté... Ensuite on présente le projet à l'équipe de la paternité pendant la grossesse pour en discuter. Cetaines demandes étant possibles à satisfaire et d'autres non (absence de perfusion ou de cathéter dans le bras par exemple). Seul bémol : les positions des médecins diffèrent sur ce projet de naissance et si quelques maternités l'encouragent, d'autres refusent le principe.
Source : Magazine "Parents" Janvier 2007
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