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Pourquoi appelle-t-on "cruauté" le fait de frapper un animal,

"agression" le fait de frapper un autre adulte,

et "éducation" le fait de frapper un enfant??

Jeudi 21 juin 2007

Allaiter des enfants d'âges différents, une drôle d'idée? Pourquoi des familles font-elles ce choix? Comment cela se passe-t-il pour la mére et ses enfants, pendant la grossesse et aprés la naissance du bébé?

Se retrouver à allaiter plusieurs enfants, ce n'est pas toujours un choix fait à l'avance. Le bébé ou le bambin est allaité, et la mère ne projette pas de sevrer son enfant ou préfère le laisser se sevrer naturellement. Un nouveau bébé s'annonce alors. Que faire? Si la mère et son enfant le souhaitent, il est tout à fait possible de continuer l'allaitement pendant la grossesse, puis aprés la naisance du bébé.

Que se passe-t-il pour la mère et sa lactation?

Quand une nouvelle grossesse commence, la lactation va obligatoirement évoluer, en quantité et en composition. Le volume de lait produit sera plus faible. Toutefois, cette évolution à la baisse pourra être différente d'une mère à l'autre : certaines conserveront un certain niveau de lactation, d'autres n'auront plus du tout de lait, ou juste quelques gouttes. Cette baisse est généralement observée à partir du deuxième trimestre de grossesse. Si l'enfant qui tète est encore à un âge où il a besoin d'un apport de lait important, l'allaitement peut ne plus lui suffire. Il faudra alors compléter avec d'autres laitages, mangés à la cuillère par exemple.

La composition du lait va se modifier peu à peu, pour revenir à une composition proche de celle du colostrum. Finalement, qu'un autre enfant tète ou non, cette évolution aura lieu dans tous les cas au cours de la grossesse.

Côté sensation, il peut également y avoir des changements. Certaines mères auront les mamelons plus sensibles, ce qui rendra les tétées moins confortables, voire parfois même impossibles. Cet inconfort s'estompe souvent, en partie ou totalement, aprés le premier trimestre de grossesse. D'autres mères se sentiront obligées de raccourcir les tétées, voire de les suspendre pendant quelques temps, ou même de sevrer totalement leur enfant.

Il arrive également que la mère se surprenne à avoir des réactions de rejet vis-à-vis de son enfant allaité, pendant la grossesse, voire pendant le co-allaitement.

Aprés la naissance, la lactation continue son évolution habituelle : le nouveau né boit du colostrum les premiers jours, puis la montée de lait se fait et le lait se transforme peu à peu en lait mature. La seule différence en cas de co-allaitement, c'est que la lactation va s'adapter à partir de la montée de lait à la demande de 2 enfants et non uniquement du nouveau-né. Un peu comme dans le cas de la naissance de jumeaux.

Que se passe-t-il pour les enfants allaités?

Pendant la grossesse comme aprés la naissance, l'enfant allaité peut se sentir rassuré de conserver une place dans les bras de sa mère, à son sein, et donc dans son coeur. D'autant plus que les bambins ont souvent des phases "crampons" lors de la grossesse et encore plus aprés la naissance. Les mères font souvent la remarque qu'elles trouvent leurs enfants co-allaités plus complices, moins jaloux l'un de l'autre.

Au cours de la grossesse, certains enfants peuvent ne pas apprécier le changement de goût du lait qui redevient du colostrum, ou être frustrés par le moindre volume qu'ils obtiennent. Ils pourront alors refuser le sein et se sevrer. Il sera souvent difficile de savoir si le moment du sevrage naturel était arrivé pour eux, ou si les changements dus à la grossesse ou la présence du nouveau-né les y a poussés. Que ce soit la décision du bambin (en rapport ou non avec la nouvelle grossesse ou le nouveau bébé) ou celle de la mère (qui ne supporte plus les tétées pendant la grossesse ou aprés la naissance), le bambin peut avoir envie de goûter, voire de reprendre les tétées, aprés la naissance du nouveau-né.

D'un point de vue pratique

Pendant la grossesse, si la succion n'est pas confortable pour la mère, elle peut demander à son bambin de réduire le nombre de tétées et leur durée. Plus l'enfant sera âgé, plus il aura la possibilité de comprendre la situation et d'aider sa mère. Pour gérer l'inconfort, on peut aussi demander à l'enfant d'ouvrir bien grand la bouche, pour limiter les frottements. La position d'allaitement s'adaptera en fonction du ventre de la mère pour son confort : par exempl dans les bras mais un peu plus loin, en ballon de rugby, allongés côte à côte, etc.

Aprés la naissance, la mère doit être attentive à ce que son nouveau-né puisse téter autant qu'il le souhaite et qu'il recoive tout ce colostrum dont il a besoin. Dès que la montée de lait s'est faite, cette vigilance peut s'estomper pour finalement disparaître. La lactation se sera adaptée en quantité pour les 2 enfants.

L'organisation des tétées entre les enfants se fait au jour le jour, rien n'est figé. Certaines mères font téter leurs enfants ensemble, un à chaque sein. D'autres préfèrent faire téter un enfant aprés l'autre. Lorsque le nouveau-né téte, la mère peut proposer une activité calme ou une lecture au plus grand. Ou même une petite tétée express. De manière générale, il vaut mieux ne pas attribuer un sein à chaque enfant. L'alternance peut se faire lors de chaque tétée, ou d'un jour s'ur l'autre. Chaque sein produisant de manière différente, ceci permet d'assurer une stimulation optimale.

Source : Magazine "Grandir Autrement" Mai-Juin 2007

 

Par Naître Et Grandir Ensemble - Publié dans : Nourrir son enfant (au sein)
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Samedi 28 avril 2007

Rien ne va plus! Votre bébé tète goulument, voire si vite qu'il avale de travers, puis il s'énerve comme s'il n'y avait plus de lait. Pourtant, vous avez vu gicler votre lait quand votre bébé a lâché le sein. Les tétées deviennent un combat, vous ne savez plus ce que veut votre bébé.

Pendant cette période éprouvante pour le bébé comme pour sa mère, il est essentiel que cette dernière soit soutenue. Le comportement de son bébé ne signifie absolument pas qu'il la rejette, ni qu'il ne veuille plus du sein. Il montre simplement qu'il y a un problème, donc une solution, même s'il faut un peu de temps pour arriver à une situation plus paisible.

Comment identifier un réflexe d'éjection fort?

Quand le bébé lâche le sein en cours de tétée, ou quand vous exprimez votre lait, de petits jets de lait peuvent sortir du sein. Il arrive aussi que ce flux de lait ne soit fort que lorsque bébé tète. On l'entend avaler de grosses goulées de lait, voire avaler de travers et tousser. Les tétées sont génèralement rapides. Il est également possible que le besoin de succion du bébé ne soit pas satisfait au sein et qu'il se rabatte sur autre chose, comme ses doigts. Le bébé peut s'enerver si on lui propose le sein, alors qu'il ne cherche qu'à tétouiller pour s'endormir par exemple. Les tétées nocturnes ou allongés, ou allongées, sont souvent plus paisibles. D'autres signes peuvent également mettre sur la piste d'un REF. Si le bébé a tendance à avoir des régurgitations, voire un Reflux Gastro-Oesophagien (RGO), un REF peut amplifier le problème. Les selles du bébé peuvent aussi devenir vertes et explosives. Dans les premières semaines, le bébé peut aussi prendre vraiment beaucoup de poids.

Quels sont les risques si on ne fait rien?

Un bébé confronté à un REF peut tout à fait réussir à gérer le flux de lait, dés le début ou en grandissant. Par exemple, il lâchera le sein quand le lait arrive trop fort, laissera couler du lait, puis reprendra le sein. La situation peut tout de même être pénible pour lui, puisque la tétée doit être interrompue. D'autres bébés vont s'habituer à un débit rapide de lait, et s'énerveront entre deux flux de lait ou lors d'un moindre débit de lait plus tard dans la tétée.

Du côté de la maman, quand le lait gicle partout, cela peut aussi être difficile à gérer, surtout quand les tétées se font hors de la maison. Certains bébés adoptent une stratégie visant à réduire la force du flux de lait qui sort en pinçant le mamelon, situation bien inconfortable et douloureuse pour la mère...

A plus long terme, il arrive que certains bébés diminuent leur temps passé au sein, afin de réduire ces moments peu confortables. Il y a alors deux risques : les seins, moins stimulés, diminuent leur production de lait; et le bébé, tétant le minimum vital, boit moins de lait et prend moins de poids. La situation extrême est un bébé qui refuse complètement le sein, ou ne l'accepte que dans des moments de demi-sommeil.

Comment améliorer la situation?

Sans diaboliser le moindre jet de lait un peu fort, ou la moindre selle verte, il est important de garder à l'esprit la possibilité d'un REF afin d'agir rapidement. Car plus on agit vite, plus le problème s'améliorera rapidement. Il est également important d'identifier le problème : faut-il lutter contre les effets directs d'un REF actuel, ou contre les effets négatifs d'un ancien REF?

Dompter un REF : un travail de longue haleine

Il faut souvent agir sur plusieurs fronts, et ce pendant plsuieurs jours, lors de chaque tétée, avant de voir une amélioration.

- Proposer souvent le sein : un bébé moins affamé tète moins fort; le sein, plus vide, a une pression interne plus faible donc un flux de lait moins fort

- Des positions d'allaitement pour diminuer la force du flux de lait : des tétées allongées sur le côté, voire même avec bébé couché à plat ventre en travers de sa mère, celle-ci étant allongée sur le dos, fonctionnent souvent bien

- Laisser couler le lait si le flux est fort, puis remettre bébé au sein

- Baisser la pression interne des seins : exprimer un peu de lait juste avant la tétée pour lui proposer un sein moins tendu

- Ne pas stimuler par d'autres moyens la lactation : éviter d'exprimer du lait en grandes quantités, de porter des coquilles d'allaitement, d'utiliser des aliments et tisanes galactogènes (fenugrec, malt,etc)

Et quand rien ne fonctionne...

Quand tous ces moyens ont été testés plusieurs jours sans succés, et que le REF gêne toujours le bébé et sa mère, une autre astuce est possible. L'objectif est de réduire la production de lait afin de l'adapter aux besoins du bébé, sans toutefois trop la réduire. On laisse le bébé téter le même sein plusieurs tétées de suite, tout en gérant l'autre sein soi-même, en exprimant juste ce qu'il faut de lait pour le confort (mais sans vider le sein pour ne pas stimuler). Les urines (et les selles si le bébé a moins de 4-6 semaines) seront un bon indicateur pour vérifier que la production n'a pas trop baissé.

D'autres situations délicates

Il arrive qu'un bébé ne tète pas efficacement au sein et ait besoin de ce REF pour obtenir sa ration de lait. Il est donc important de vérifier que le bébé tète correctement au sein avant d'agir sur un REF.

Il est également possible que la situation ait empiré au point que le bébé refuse le sein. Les solutions seront alors différentes, avec comme objectif de montrer au bébé les plaisirs du contact au sein, et nécessiteront parfois même une relance de la lactation.

Source : Magaine "Grandir Autrement" Mars-Avril 2007

Par Naître Et Grandir Ensemble - Publié dans : Nourrir son enfant (au sein)
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Vendredi 27 avril 2007

De part sa naissance prématurée, le bébé n'a pas encore atteint le niveau de maturité d'un bébé né à terme. Le lait maternel, et le fait de le proposer au sein, jouent un rôle important pour accompagner le bébé dans son développement, au jour le jour et à plus long terme. Le contact avec sa mère et son père (s'il pratique aussi le peau à peau) aide également le bébé à tisser un lien d'attachement fort avec ses parents.

Le métabolisme du prématuré n'est pas mature. Il possède par exemple moins d'enzymes digestives et a plus de mal à digérer les composants complexes comme les lipides. Le lait maternel contient, lui, beaucoup d'enzymes, par exemple des lipases, qui vont aider le bébé à digérer les graisses.

Le fonctionnement de certains organes n'est pas encore optimal. Le foie et les reins, par exemple, sont immatures. Le lait maternel génère peut de déchets, ce qui évitera de surcharger foie et reins. L'estomac est aussi moins réactif et ses sphincters (les muscles du haut et le bas de l'estomac) se ferment moins hermétiquement. Ceci provoque souvent des remontées acides dans l'oesophage (ou RGO, Reflux Gastro-Oesophagien). Le lait maternel, de par sa digestibilité, reste peu de temps dans l'estomac, et a donc moins d'occasions de remonter vers l'oesophage. Et quand c'est le cas, il est peu irritant.

Au sein, le prématuré maîtrise facilement la séquence succion/déglutition/respiration et le flot de lait. Ceci permet de limiter le stress et la fatigue du bébé, et de diminuer les variations néfastes de certains paramétres physiologiques (oxygénation du sang, rythme cardiaque, respiration).

Le prématuré n'a pas pu bénéficier du transfert d'anticorps provenant de sa mère dans les dernières semaines de grossesse. De plus, son système immunitaire n'a pas encore la maturité d'un bébé à terme. Le lait maternel diminue le risque de maladie infectieuse de 43% par rapport aux bébés nourris avec du lait artificiel (Hylander, Pediatric 1999). Il contient en effet de nombreux facteurs de défense et d'autres favorisant une colonisation bactérienne optimale du tube digestif. La présence de cette flore intestinale permet également de réduire les risques d'allergie (Lucas, BMJ 1990) et la prolifération de germes nocifs.

Le lait maternel, par exemple, diminue le risque d'entéroclite ulcéronécrosante (ECUN), affection grave du tube digestif touchant surtout les prématurés. L'ECUN est 6 à 10 fois plus fréquente chez les prématurés nourris au lait artificiel (Lucas, Lancet 1990).

L'allaitement maternel permet également au bébé d'obtenir des anticorps, le défendant contre les microbes que sa mère rencontre. Les germes familiaux étant moins virulents que les microbes rencontrés à l'hôpital, le bénéfice est grand quand la mère allaite et est très souvent en contact avec son bébé hospitalisé.

Le lait maternel apporte au bébé prématuré des substances lui permettant de poursuivre son développement dans les meilleures conditions. Les acides gras à trés longues chaînes, la taurine, des agents antioxydants par exemple, améliorent les fonctions neurologiques et visuelles du prématuré (Hylander, J. Perinatol 2001). Le bébé doit également avoir une croissance corporelle importante. Il a besoin par exemple de beaucoup de protéines, de vitamine D, calcium, phosphore et fer. Le lait maternel apporte ces éléments en quantité limitée, mais ces derniers sont particulièrement bien assimilés. Selon son terme, il est parfois nécessaire de donner ces substances au prématuré en plus du lait maternel.

Source : Magazine "Grandir Autrement" Mars-Avril 2007

Par Naître Et Grandir Ensemble - Publié dans : Nourrir son enfant (au sein)
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Vendredi 9 mars 2007

1. Beaucoup de femmes ne produisent pas assez de lait. C'est faux !
La grande majorité des femmes produisent plus de lait que nécessaire. La plupart des bébés qui grossissent lentement ou qui perdent du poids le font non pas parce que la mère ne produit pas assez de lait, mais parce que l'enfant n'arrive pas à le boire. La raison la plus fréquente en est que le bébé ne prend pas le sein correctement. C'est pourquoi il est si important que quelqu'un de compétent montre à la mère dès le premier jour comment placer son enfant correctement au sein.

2. Il est normal que l'allaitement fasse mal. C'est faux !
Bien qu'une certaine sensibilité soit relativement fréquente pendant les quelques premiers jours, cela ne doit pas durer et surtout ne doit pas être au point que la mère appréhende le moment de la tétée. Toute douleur pénible est anormale et est presque toujours due à une mauvaise position du bébé au sein. Il ne faudrait jamais négliger une douleur au sein qui ne s'améliorerait pas au bout de 3 à 4 jours ou durerait plus de 5 ou 6 jours. Une réapparition des douleurs après une période d'accalmie peut être due à une candidose sur les mamelons. Limiter le temps d'allaitement n'empêche pas l'irritation d'apparaître.

3. Il n'y a pas ou pas assez de lait pendant les 3 ou 4 premiers jours qui suivent la naissance. C'est faux !
On a souvent cette impression parce que le bébé ne prend pas le sein correctement et par conséquent ne boit pas assez de lait. Quand la quantité devient plus abondante, à la montée de lait, même si le bébé ne tête pas correctement, il peut quand même prendre assez de lait. Mais pendant les premiers jours, le bébé qui ne tête pas correctement n'a pas de lait. C'est ce qui entraîne des réflexions du genre : " il est resté au sein plus de deux heures et pourtant il avait encore faim quand je l'ai retiré. " S'il ne tête pas correctement, le bébé est incapable de boire le premier lait de la mère que l'on appelle le colostrum. Toute personne qui vous suggère de tirer votre lait pour savoir quelle quantité de colostrum vous produisez ne comprend rien à l'allaitement, ignorez-le poliment.

4. Un bébé doit rester au sein 20 ou 10 ou 15 ou 7 ou 6 minutes de chaque côté. C'est faux !
Cependant on doit faire une distinction entre "être au sein" et "téter". Si un bébé tête vraiment pendant plus de 15 à 20 minutes du premier côté, il se peut qu'il n'ait aucune envie de prendre le deuxième sein. S'il ne boit qu'une minute au premier sein, puis qu'il commence à mâchouiller ou qu'il s'endort, puis recommence de l'autre côté, il ne prendra jamais assez de lait, quelque soit le temps que dure la tétée. Le bébé tétera mieux et plus longtemps s'il prend le sein correctement. Il peut aussi être aidé à téter plus longtemps si la mère presse le sein pour que le lait continue à s'écouler, quand le bébé n'avale plus de lui-même. Il est évident que l'idée reçue selon laquelle " le bébé boit 90% du lait dans les 10 premières minutes de tétée " est également complètement fausse.

5. Un bébé allaité a besoin de compléments d'eau par temps chaud. C'est faux !
Le lait maternel contient toute l'eau dont le bébé a besoin.

6. Les bébés allaités ont besoin de compléments en vitamine D. C'est faux !
A l'exception de cas très particuliers ( par exemple si la mère a souffert de déficience en vitamine D pendant la grossesse ). Le bébé stocke la vitamine D pendant la grossesse. il lui suffit après la naissance d'être régulièrement sorti dehors pour recevoir toute la vitamine D dont il a besoin.

7. La mère doit laver ses mamelons avant chaque tétée. C'est faux !
L'alimentation au lait artificiel exige une très grande propreté parce que non seulement ce lait ne protège pas le bébé contre les infections, mais en plus c'est un bon terrain de développement des bactéries et il peut aussi être facilement contaminé. Par contre, le lait maternel protège l'enfant contre les infections. Se laver les mamelons avant chaque tétée rend l'allaitement inutilement compliqué et en plus retire les huiles protectrices qui les protègent naturellement.

8. Tirer le lait est une bonne manière de savoir quelle quantité de lait la mère produit. C'est faux !
La quantité de lait qui peut être tirée dépend de nombreux facteurs, y compris le degré de stress de la mère. Le bébé qui tête correctement peut obtenir bien plus de lait que sa mère ne peut en tirer. Tirer le lait peut seulement vous aider à savoir quelle quantité de lait vous pouvez tirer.

9. Le lait maternel ne contient pas assez de fer pour répondre aux besoins du bébé. C'est faux !
Le lait maternel contient juste ce qu'il faut de fer pour le bébé. Si le bébé est né à terme il recevra assez de fer du lait
maternel pour répondre à ses besoins jusqu'à l'âge de six mois. Les laits artificiels contiennent bien trop de fer, mais cela est nécessaire pour être sûr que le bébé en absorbe assez pour éviter une déficience en fer. Le fer des laits artificiels est mal absorbé et le bébé en rejette la plus grande part. La plupart du temps il est inutile de compléter l'alimentation au lait maternel par d'autres aliments jusqu'à l'âge de six mois.

10. Il est plus facile de donner le biberon que d'allaiter. C'est faux !
Ou plutôt cela devrait être faux. Cependant l'allaitement est souvent rendu difficile par le fait que beaucoup de femmes ne reçoivent pas l'aide dont elles auraient besoin pour bien démarrer l'allaitement. Un mauvais démarrage peut évidemment rendre l'allaitement difficile. Mais on peut aussi surmonter les difficultés d'un mauvais démarrage. L'allaitement est souvent plus difficile au début à cause d'un mauvais démarrage mais généralement il devient plus facile par la suite.

11. L'allaitement rend la mère dépendante. C'est faux !
Mais cela dépend de la façon dont vous l'envisagez. Un bébé peut être allaité n'importe où, n'importe quand, et c'est en cela que l'allaitement libère la mère. Pas besoin de traîner avec soi des biberons et des boites de lait. Pas besoin de trouver un endroit où faire chauffer le lait. Pas besoin de s'inquiéter pour la contraception. Pas besoin de se demander comment va votre bébé, puisqu'il est avec vous.

12. Il n'y a aucun moyen de savoir quelle quantité de lait boit le bébé. C'est faux !
Il n'existe pas de moyen facile de mesurer la quantité exacte de lait que boit le bébé, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas savoir s'il en boit assez ou pas. Le meilleur moyen de savoir est de s'assurer que le bébé déglutit bien pendant plusieurs minutes à chaque tétée. D'autres moyens permettent aussi de savoir si le bébé boit assez de lait.

13. Les laits artificiels actuels sont presque identiques au lait maternel. C'est faux !
La même affirmation a été faite en 1900 et même avant. Les laits actuels ne ressemblent au lait maternel qu'en apparence seulement. La moindre correction apportée à une déficience du lait artificiel est l'occasion d'en faire une publicité qui en vante le progrès. En fait ce ne sont que de mauvaises imitations faites d'après des études dépassées et incomplètes sur la nature du lait maternel. Les laits artificiels ne contiennent ni anticorps, ni cellules vivantes, ni enzymes, ni hormones. Ils contiennent beaucoup plus d'aluminium, de manganèse, de cadmium et de fer que le lait maternel. Ils contiennent beaucoup plus de protéines que le lait maternel. Les protéines et les matières grasses contenues dans les laits artificiels sont fondamentalement différentes de celles contenues dans le lait maternel. Les laits artificiels ne changent pas au cours de la tétée, ni entre le ler, le 7ème, et le 30ème jour d'allaitement. Ils ne  varient pas d'une femme à l'autre, d'un bébé à l'autre... Votre lait est adapté aux besoins de votre bébé. Les laits artificiels sont conçus pour tous les bébés, donc en fait pour aucun d'entre eux en particulier. Les laits artificiels réussissent seulement à bien faire grandir les bébés, en général ; mais l'allaitement c'est bien plus que de faire grossir un bébé rapidement.

14. Si la mère est atteinte d'une infection, elle doit arrêter l'allaitement. C'est faux !
A l'exception de quelques cas très très rares, le bébé sera protégé si sa mère continue à l'allaiter. Au moment où la mère est fiévreuse, ou tousse, ou vomit, ou a la diarrhée ou des éruptions, etc, elle a déjà transmis l'infection à son bébé, étant donné qu'elle avait déjà l'infection plusieurs jours avant de se rendre compte qu'elle était malade. La meilleure protection pour éviter à l'enfant d'être contaminé par l'infection est qu'il continue à être allaité par sa mère. Si le bébé tombe malade, les réactions seront moins fortes s'il continue à être allaité. Il se peut que ce soit le bébé qui ait transmis l'infection à la mère, mais il n'aura pas montré de signes de maladie parce qu'il était allaité. Par ailleurs, les infections au sein, y compris les abcès, bien que cela soit douloureux ne sont pas des raisons pour arrêter l'allaitement. En effet, l'infection est susceptible de disparaître plus rapidement si la mère continue à allaiter du côté infecté.

15. Si le bébé vomit ou qu'il a la diarrhée, la mère doit arrêter l'allaitement. C'est faux !
Le meilleur remède aux douleurs d'intestin du bébé est l'allaitement. Arrêtez de donner d'autres aliments pendant un court moment, mais continuez d'allaiter. Le lait maternel est le seul liquide dont votre bébé ait besoin quand il a la diarrhée et/ou qu'il vomit, sauf circonstances exceptionnelles. L'incitation à donner des " solutions de réhydratation par voie orale " n'est qu'une manipulation des laboratoires de lait artificiel ( et de solution de réhydratation ) pour se faire encore plus d'argent. Le bébé est rassuré par l'allaitement et la maman est rassurée par le fait d'allaiter son bébé.

16. Si la mère prend des médicaments, elle ne doit pas allaiter. C'est faux!
Il y a très peu de médicaments que la mère ne puisse pas prendre en toute sécurité pendant qu'elle allaite. Une très petite quantité de substances médicinales apparaît dans le lait , mais la plupart du temps tellement peu qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Si un médicament est vraiment contre-indiqué, il existe généralement un autre traitement aussi efficace qui peut être pris sans danger. La perte des avantages que l'allaitement apporte à la mère et à l'enfant doit être pris en considération quand on pèse le pour et le contre pour savoir s'il faut continuer l'allaitement.

Source : Feuillet n°11. Some Breastfeeding Myths. Révisé en janvier 1998
D' Jack Newman - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada

1. Une mère qui allaite doit faire très attention à ce qu'elle mange. C'est faux !
Une mère qui allaite doit essayer d'avoir une alimentation équilibrée, mais rien ne l'oblige à manger certains aliments ou à en éviter d'autres. Une mère qui allaite n'a pas à boire du lait pour produire du lait. Une mère qui allaite n'a pas à éviter les aliments épicés, l'ail, le chou. Une mère qui allaite doit avoir une alimentation normale et saine. Bien que dans certains cas le bébé puisse être dérangé par un aliment que sa mère a mangé, c'est inhabituel. La plupart du temps, les problèmes de "coliques ", de "gaz" et de pleurs trouvent une meilleure solution dans une modification de l'allaitement que dans un changement d'alimentation de la mère.

2. Une mère qui allaite doit manger plus pour produire plus de lait. C'est faux !
Même les femmes qui ont une alimentation très pauvre en calories produisent assez de lait, au moins jusqu'à ce que la prise de calories deviennent critiquement faible au bout d'une période prolongée. Généralement, le bébé prend ce dont il a besoin. Certaines femmes dans l'obligation de manger peu pendant quelques jours craignent que cela ait des conséquences sur la qualité de leur lait. Il n'y aucune crainte à avoir. De telles modifications n'auront aucune incidence sur la quantité ou la qualité du lait. On dit généralement que les femmes doivent consommer 500 calories supplémentaires par jour pour pouvoir allaiter. Cela n'est pas vrai. Un certain nombre de femmes mangent plus quand elles allaitent, mais d'autres non, et certaines mêmes mangent moins, sans que cela ait de conséquences sur la santé de mère, celle de l'enfant ou sur la production de lait. La mère doit manger de façon équilibrée en se fiant à son appétit. Les règles alimentaires ne font que compliquer l'allaitement inutilement.

3. Une mère qui allaite doit boire beaucoup. C'est faux !
La mère doit boire en fonction de sa soif. Certaines mères ont soif tout le temps, mais beaucoup d'autres ne boivent pas plus que d'habitude. Le corps de la mère sait si elle besoin de plus de liquides et le lui dit en lui faisant ressentir la soif. Ne croyez pas qu'il soit obligatoire de boire tant de verres par jour. Tout cela ne fait que compliquer l'allaitement inutilement.

4. Une mère qui fume ferait mieux de ne pas allaiter. C'est faux !
Une mère qui n'arrive pas à arrêter de fumer doit quand même allaiter. Il a été montré que l'allaitement réduisait les effets négatifs du tabac sur les poumons du bébé par exemple. L'allaitement est bon pour la santé de la mère et du bébé. Il vaudrait mieux que la mère ne fume pas, mais si elle ne peut pas arrêter ou même réduire sa consommation de tabac, il vaut mieux fumer et allaiter que fumer et ne pas allaiter.

5. Une mère ne devrait pas boire d'alcool pendant l'allaitement. C'est faux!
Une consommation raisonnable d'alcool n'est pas du tout à déconseiller. Comme c'est le cas pour les médicaments, une très faible quantité d'alcool passe dans le lait. La mère peut boire un peu d'alcool et continuer à allaiter comme elle le fait normalement. Interdire l'alcool c'est encore une façon de rendre la vie inutilement contraignante aux mères qui allaitent.

6. Une mère dont les mamelons saignent ne devrait pas allaiter son bébé. C'est faux !
Bien que le sang fasse plus cracher l'enfant et que l'on puisse en retrouver dans les selles, ce n'est pas une raison pour arrêter d'allaiter. Des mamelons douloureux et qui saignent, ce n'est pas pire que des mamelons douloureux qui ne saignent pas. Le problème, c'est la douleur que ressent la mère. Et cette douleur peut souvent être considérablement atténuée. Faites-vous aider. Parfois du sang sort des mamelons sans que le sein soit abîmé. Cela se produit le plus souvent au début de l'allaitement, peu de temps après la naissance, et se résorbe en quelques jours. La mère doit allaiter ! Si le saignement ne s'arrête pas, il est nécessaire d'en chercher la cause, mais la mère doit continuer d'allaiter.

5. Une mère qui a subit une opération chirurgicale pour faire augmenter le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La plupart y arrivent très bien. Rien n'a montré que l'allaitement avec des implants en sillicone était dangereux pour l'enfant. Parfois l'opération est faite au niveau de l'aréole. Ces femmes rencontrent les mêmes problèmes de production de lait que toute autre femme ayant subit une opération à ce niveau.

8. Une femme qui a subit une opération chirurgicale pour faire diminuer le volume de ses seins ne peut pas allaiter. C'est faux ! La réduction des seins entraîne une diminution de la capacité à produire du lait mais étant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, les femmes qui ont subit ce type d'opération réussissent parfois très bien à nourrir leur enfant au sein exclusivement. Dans de tels cas, il faut suivre le démarrage de l'allaitement avec une attention particulière. Si, malgré tout, la mère semble ne pas produire assez de lait, elle peut quand même continuer à allaiter tout en donnant des compléments à son bébé avec un dispositif d'aide à l'allaitement ( pour éviter la confusion sein tétine ).

9. Les bébés prématurés doivent d'abord apprendre à boire au biberon avant de commencer à téter au sein. C'est faux ! Les bébés prématurés sont moins perturbés par la tétée au sein que par le biberon. Un bébé ne pesant que 1200 g ou même moins peut être mis au sein dès que son état s'est stabilisé, même s'il ne prend pas le mamelon pendant plusieurs semaines. Ainsi il s'y habitue et il est tenu dans les bras ce qui est important pour son état de santé et celui de sa mère. En fait, peu importe le poids ou l'âge gestationnel à partir du moment où l'enfant est prêt à téter, c'est à dire à partir du moment où il fait des mouvements de succion. Il n'y a pas plus de raisons de donner un biberon à un bébé prématuré qu'à un bébé né à terme. Quand il est vraiment nécessaire de donner des compléments il existe d'autres moyens que le biberon.

10. Les bébés présentant un fente labiale et/ou palatine ne peuvent pas être allaités. C'est faux !
Certains arrivent très bien à téter. Ceux qui n'ont qu'une fente labiale réussissent généralement bien. Mais beaucoup n'arrivent pas à prendre le mamelon. Cependant si on n'essaye pas l'allaitement, ça ne marchera évidemment jamais. La capacité de ces bébés à téter ne dépend pas toujours de la gravité de la fente. Il faut essayer de commencer l'allaitement autant que possible selon les principes d'une bonne mise en route de la lactation. Si le bébé n'arrive pas à saisir le mamelon, il vaudrait mieux le nourrir avec une tasse plutôt qu'avec un biberon. Nourrir avec le doigt les bébés présentant une fente labiale et palatine peut parfois être efficace mais pas toujours.

11. Les femmes qui ont des petits seins produisent moins de lait que celles qui ont de gros seins. Absurde !

12. L'allaitement n'est pas une méthode contraceptive. C'est faux !
Ce n'est pas une méthode infaillible, mais aucune méthode ne l'est. En fait l'allaitement n'est pas une mauvaise méthode pour espacer les naissances, et permet d'obtenir une bonne protection dans les six premiers mois qui suivent la naissance. Mais cette protection n'est fiable que si l'enfant est nourri exclusivement au sein, si les tétées sont relativement fréquentes ( 6 à 8 au moins par 24 heures ), s'il n'y a pas de longues périodes pendant lesquelles le bébé ne tète pas et si la mère n'a pas encore eu son retour de couches. Au bout de six mois, la protection est moins grande, mais elle existe encore, et en moyenne les femmes qui allaitent encore leur enfant au bout de deux ans, auront un bébé tous les deux ou trois ans même si elles ne prennent aucun moyen de contraception.

13. Les femmes qui allaitent ne peuvent pas prendre la pilule. C'est faux !
Le problème n'est pas l'exposition du bébé aux hormones féminines puisque de toute façon il en reçoit à travers l'allaitement. Le bébé en reçoit simplement un tout petit peu plus en cas de prise de la pilule. Cependant beaucoup de femmes qui prennent la pilule, même la mini-dosée, constatent une baisse de leur lactation. Les oestrogènes contenus dans la pilule entraînent une diminution de la production lactée. Etant donné que beaucoup de femmes produisent plus de lait que nécessaire, cela n'a souvent aucune conséquence, mais cela peut en avoir. Le bébé devient alors grognon et n'est pas comblé par la tétée. Les bébés réagissent au "flot de lait" qu'ils reçoivent, pas à la quantité que produit le sein. Et si tout à coup ce flot diminue, même si le sein produit toujours assez de lait pour nourrir l'enfant, cela suffit à le rendre grognon. L'arrêt de la pilule suffit souvent à remettre les choses en place. Dans la mesure du possible, les femmes qui allaitent devraient éviter de prendre la pilule jusqu'à ce que l'enfant commence à manger autre chose, généralement vers trois ou quatre mois. Même si l'enfant est plus grand, la production de lait peut diminuer de façon significative. Si la pilule doit être prise, choisir une pilule sans oestrogènes (uniquement à base de progestérone).

14. Les bébés allaités ont besoin d'autres laits à partir de six mois. C'est faux !
Le lait maternel apporte au bébé tout ce que lui apporteraient d'autres laits avec des choses en plus. Les bébés de plus de six mois commencent à prendre des solides uniquement pour apprendre à manger et pour recevoir du fer d'une autre source alimentaire car au bout de 7 à 9 mois le lait maternel ne leur en apporte plus assez. . Par conséquent le lait de vache ou le lait industriel ne sont pas nécessaires tant que le bébé est allaité. Cependant si la maman désire donner du lait à son bébé après six mois, il n'y aucune raison pour qu'elle ne puisse pas lui donner du lait de vache, à condition qu'elle l'allaite encore quelques fois par jour et lui donne une alimentation variée en quantité suffisamment importante. La plupart des bébés de plus de six mois qui n'ont jamais pris de lait
industriel jusqu'alors le refuseront à cause du goût.


Source : Feuillet n°12. More Breastfeeding Myths. Révisé en janvier 1998 Dr Jack Newman - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada

1. Les femmes aux mamelons plats ou rétractés ne peuvent pas allaiter. C'est faux !
Les bébés ne tètent pas le mamelon, ils tètent le sein. Bien qu'il soit plus facile pour un bébé de prendre le sein quand le mamelon est proéminent, il n'est pas indispensable que le mamelon ressorte. Une bonne mise en route de l'allaitement permettra généralement d'éviter tout problème. Quelle que soit la forme de leurs mamelons, toutes les femmes sont parfaitement capables d'allaiter. Avant, on suggérait à la mère d'utiliser un bout de sein artificiel pour aider l'enfant à prendre le sein. Il est déconseillé d'utiliser ce gadget, surtout dans les premiers jours qui suivent la naissance ! Son utilisation entraîne souvent une diminution de la quantité de lait bue par le bébé et une inquiétante perte de poids. Et après, l'enfant a encore plus de mal à prendre correctement le mamelon. Si au départ l'enfant n'arrive pas à prendre correctement le sein, il y arrivera souvent plus tard. Les seins changent dans les quelques semaines qui suivent la naissance et à condition que la mère entretienne correctement sa lactation, le bébé réussira la plupart du temps à bien prendre le sein.

2. Une femme qui tombe enceinte doit arrêter d'allaiter. C'est faux !
Si la mère et l'enfant le désirent, l'allaitement peut continuer. Certaines femmes continuent d'allaiter le plus grand même après la naissance du nouveau bébé. Beaucoup de femmes décident d'arrêter l'allaitement quand elles tombent enceintes parce que leurs mamelons deviennent douloureux ou pour d'autres raisons. Mais il n'y aucune urgence à le faire, ni aucune nécessité médicale. Il y aurait même plutôt de bonnes raisons de continuer à allaiter. Il se peut que la production de lait diminue pendant la grossesse, mais si l'enfant mange déjà autre chose, ce n'est pas un problème.

3. Un bébé ayant la diarrhée ne devrait pas téter. C'est faux !
Le meilleur traitement en cas d'infection intestinale (gastro-entérite) est l'allaitement. D'autant plus que le bébé a rarement besoin d'autres liquides que le lait maternel. S'il y a un problème d'intolérance au lactose, on peut donner au bébé des gouttes de lactase juste avant ou juste après la tétée, mais cela arrive rarement chez les enfants allaités. Se renseigner auprès du médecin traitant. Dans tous les cas, l'intolérance au lactose provoquée par une gastro-entérite disparaît avec le temps. Les laits industriels ne contenant pas de lactose ne sont pas préférables au lait maternel. Le lait maternel vaut mieux que tous les laits industriels.

4. Si un bébé reste au sein pendant deux heures c'est parce qu'il aime téter. C'est faux !
Les bébés aiment et doivent téter mais combien de temps ? La plupart des bébés qui restent au sein aussi longtemps ont probablement faim, même si en apparence ils grossissent correctement. Etre au sein ne veut pas dire boire au sein. Mieux placer l'enfant au sein lui permet de mieux téter et donc de passer plus de temps à vraiment boire. Vous pouvez aussi aider l'enfant à boire plus en pressant le sein pour lui envoyer du lait dans la bouche quand il n'avale plus de lui-même. Lorsqu'un bébé de moins de 5 à 6 semaines s'endort au sein, c'est souvent parce que le flot de lait est trop faible, et non pas parce qu'il n'a plus faim.

5. Les bébés doivent apprendre à boire au biberon. Il faut toujours introduire un biberon avant que le bébé refuse d'en prendre un. C'est faux !
Bien que beaucoup de mères décident d'introduire le biberon pour un certain nombre de raisons, il n'y a aucune obligation à ce que le bébé apprenne à l'utiliser. En plus ce n'est pas vraiment un avantage. Le bébé peut prendre les liquides ou les nourritures fluides à la cuillère. A partir de 6 mois, l'enfant peut commencer à boire à la tasse, et même s'il met plusieurs semaines à apprendre à boire correctement, il finira toujours par y arriver. Si la maman veut introduire le biberon, il vaut mieux qu'elle attende que son bébé ait bien appris à téter pendant 4 à 6 semaines, et qu'après elle ne l'utilise qu'occasionnellement. Il arrive cependant que des bébés qui ont bien pris le biberon à six semaines le refusent à 3 ou 4 mois, même s'ils ont pris le biberon régulièrement. Ne vous inquiétez pas et utilisez la cuillère et la tasse. Donner le biberon quand l'allaitement ne se passe pas bien n'est pas une bonne idée, cela rend généralement l'allaitement encore plus difficile. Pour votre bien être et celui de votre bébé, n'essayez pas de le sevrer dans la contrainte. Faites-vous aider.

6. Si la mère se fait opérer, elle doit attendre une journée avant de redonner la tétée. C'est faux !
Le mère peut allaiter aussitôt après l'opération, dès qu'elle se sent d'attaque pour le faire. Ni la médication utilisée pendant l'opération, ni les analgésiques, ni les antibiotiques utilisés après l'opération n'obligent la mère à arrêter l'allaitement, sauf circonstances exceptionnelles. Dans certains hôpitaux, on adapte les soins à apporter à la mère ou à l'enfant en fonction des exigences de l'allaitement, de façon à ce qu'il puisse continuer. Beaucoup de règles tendant à limiter l'allaitement sont établies pour le confort du personnel médical et non au bénéfice des mères et des bébés.

7. Il est trop difficile d'allaiter des jumeaux. C'est faux !
Il est plus facile d'allaiter des jumeaux que de leur donner le biberon, quand l'allaitement se passe bien. C'est pourquoi il est d'autant plus important de bien veiller à ce que l'allaitement démarre bien quand la mère a donné naissance à des jumeaux. Des femmes ont réussi à nourrir exclusivement au sein des triplés. Cela demande évidemment beaucoup de temps et de travail, mais de toute façon les naissances multiples demandent beaucoup de temps et de travail quelque soit le mode d'alimentation choisi.

8. Les femmes dont les seins n'ont pas grossi ou ont peu grossi pendant la grossesse ne produisent pas assez de lait. C'est faux !
Il y a très peu de femmes qui ne peuvent pas produire assez de lait (mais elles peuvent quand même allaiter tout en donnant des compléments en utilisant un dispositif d'aide à l'allaitement). Certaines de ces femmes ont dit que leurs seins n'avaient pas grossis pendant la grossesse. Cependant la grande majorité des femmes dont les seins ne semblent pas avoir grossis pendant la grossesse, produisent largement assez de lait pour nourrir leur enfant.

9. Une mère dont les seins ne sont pas pleins n'a pas assez de lait. C'est faux !
Les seins n'ont pas besoin d'être pleins pour produire bien assez de lait. Il est normal que les seins d'une femme qui allaite soient souples étant donné que son corps s'adapte à la demande du bébé. Les seins ne sont jamais vides, et ils produisent du lait tant que le bébé tète.

10. Il est indécent d'allaiter en public. C'est faux !
C'est l'humiliation et le harcèlement que subissent les femmes qui allaitent qui est indécent. Les femmes qui essayent de donner ce qu'il y a de mieux à leur bébé, ne devraient pas être forcées par les gens qui manquent de compréhension à rester chez elles ou à allaiter dans les toilettes publiques. Les gens que cela gène n'ont qu'à regarder ailleurs. Les enfants qui voient une femme allaiter ne reçoivent pas de choc psychologique. Au contraire, ils découvrent quelque chose d'important, de beau et de fascinant. Au moins, pour ces enfants-là, les seins ne servent pas uniquement à vendre de la bière. Les femmes qui ont laissé leur bébé à la maison avec un biberon pour pouvoir sortir apprennent, en voyant une autre mère allaiter son enfant en public, qu'il est possible de l'emmener avec soi.

11. Il n'est pas normal d'allaiter un enfant jusqu'à trois ou quatre ans, cela lui fait de tort en créant une relation de trop grande dépendance entre la mère et l'enfant. C'est faux !
Depuis les débuts de l'humanité, la règle de beaucoup de civilisations humaines a été d'allaiter les enfants pendant deux à quatre ans. Cela ne fait qu'une centaine d'années que l'on limite ainsi la durée de l'allaitement. Les enfants allaités au cours de leur troisième année ne sont pas plus dépendants. Au contraire ils ont tendance à faire preuve d'une plus grande confiance en eux donc à être plus indépendants. C'est eux qui prennent la décision d'arrêter l'allaitement (encouragés avec douceur par leur mère ) et cela leur donne confiance en eux.

12. Si le bébé ne tète pas pendant quelques jours, il ne faut pas recommencer à allaiter car le lait de la mère a tourné dans son sein. C'est faux !
Le lait est aussi bon qu'avant. Ce n'est pas du lait en bouteille !

13. Une mère ne devrait pas allaiter après un exercice physique. C'est faux !
Il n'y a absolument aucune raison pour qu'une mère ne puisse pas allaiter après un exercice physique. L'étude qui a prétendu vouloir montrer que les bébés étaient excités après avoir tété leur mère qui venait de faire de l'exercice a été mal menée et est en parfaite contradiction avec l'expérience quotidienne de million de mères.

14. Une mère qui allaite ne peut pas se faire faire de permanente ni se faire teindre les cheveux. C'est faux !

15. L'allaitement est responsable de tout. C'est vrai !
Si la mère est fatiguée, nerveuse, au bord des larmes, malade, si elle des douleurs dans les genoux, si elle a des difficultés à dormir, si elle est prise de vertiges, si elle est anémique, si elle a de nouveau des crises d'arthrose, de migraines ou de tout autre problème chronique, si elle se plaint de perdre des cheveux, d'avoir des problèmes de vue, d'avoir des bourdonnements dans les oreilles ou des démangeaisons, la famille, le personnel de santé, les voisins, les amis et les chauffeurs de taxi vont mettre en cause l'allaitement. On va aussi accuser l'allaitement de provoquer des crises dans le couple, ou d'être responsable du mauvais comportement des autres enfants. C'est aussi à cause de l'allaitement si les taux d'intérêt augmentent et s'il y a une crise économique. Et dès que quelque chose ne va pas, tout le monde s'empresse de dire à la mère qu'il vaudrait mieux qu'elle arrête l'allaitement.

Source : Feuillet n°13. Still More Breastfeeding Myths. Révisé en janvier 1998 Dr Jack Newman - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada

1. Une mère allaitante ne doit pas nourrir son bébé après avoir passé des examens radiographiques (rayons X). Faux !
Les radiographies courantes, celles qui sont les plus souvent pratiquées, comme par exemple, une radiographie des poumons, des dents ou du crâne, ne posent absolument aucun problème, et la mère peut allaiter son bébé comme d'habitude. Tout examen radiographique qui n'utilise pas de substances radioactives peut être subi par la mère sans qu'elle soit obligée d'arrêter l'allaitement, même pour une seule tétée. Donc une urographie, une angiographie, une phlébographie, une myélographie, une tomodensitrométrie…ne nécessitent aucune précaution.
Et les examens utilisant une substance radioactive ? Il est vrai que le bébé recevra une toute petite quantité de substance radioactive. Mais il faut se souvenir que ces mêmes examens sont souvent pratiqués chez l'enfant, même tout petit, et le bébé reçoit beaucoup plus de produit radioactif lorsqu'il subit un de ces examens lui-même. Donc, compte tenu des risques de l'alimentation au lait industriel, il est préférable que la mère continue à allaiter sans interruption. L'exception à cette règle est une scintigraphie de la thyroïde à l'iode 131. Cet examen doit être évité autant que possible chez la mère allaitante, car elle ne pourra pas continuer l'allaitement après l'avoir subie. Il y a beaucoup de façons d'évaluer la fonction de la thyroïde, et ce type de scintigraphie thyroïdienne n'en est qu'une. Le plus souvent, on peut s'en passer, ou, pour le moins, la retarder de plusieurs mois.

2. Le lait peut se tarir " juste comme ça ". Faux !
Cela peut éventuellement arriver, mais c'est très rare. En dehors de légères variations en fonction du moment de la journée, le volume de la sécrétion lactée change peu. Certaines situations peuvent donner à penser à la mère que sa sécrétion lactée a brusquement baissé : Le bébé réclame plus souvent ; c'est ce qu'on appelle une " poussée de croissance ". S'il semble ne pas avoir assez de lait, quelques jours de tétées plus fréquentes ramèneront les choses à la normale. Essayer la compression du sein pendant que le bébé tète. Le comportement du bébé est différent. Vers 5 à 6 semaines environ, certains bébés s'endorment au sein ou s'agitent et pleurent lorsque le flot de lait diminue. Le lait n'a pas disparu, c'est le bébé qui a changé. Essayer de comprimer le sein pour permettre au bébé d'obtenir plus de lait Les seins de la mère sont plus souples et semblent moins " pleins ". C'est une évolution normale après quelques semaines d'allaitement ; la mère n'a plus les seins engorgés, voire même pleins. Tant que le bébé avale du lait pendant la tétée, il est inutile de se faire du souci. Le bébé tète mal. Cela est souvent dû au fait qu'il a reçu des biberons, ou qu'on lui donne une sucette ; il a appris un mode de succion inadéquat au sein.

La prise d'une pilule anticonceptionnelle peut abaisser la sécrétion lactée. En pareil cas, arrêter la pilule, ou essayer une pilule contenant uniquement un progestatif.

Si le bébé ne reçoit réellement pas assez de lait, la mère devra demander de l'aide, et non introduire des biberons de complément qui ne feront qu'empirer les choses. Si des compléments sont indispensables, le bébé peut les recevoir à l'aide d'un DAL pendant la tétée ; cela n'interfère pas avec l'allaitement. Donner des compléments de lait industriel est cependant le dernier recours. Essayer de comprimer le sein pendant la tétée.

3. Les médecins s'y connaissent en matière d'allaitement. Faux !
Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, dans les pays occidentaux, très peu de médecins ont appris quoi que ce soit sur l'allaitement pendant leurs études. Encore moins ont appris ensuite comment aider pratiquement une mère à bien démarrer son allaitement, puis à le poursuivre dans des conditions optimales. L'essentiel de l'information qu'obtiennent les médecins en exercice en matière d'alimentation infantile provient des fabricants de lait industriel (représentants de commerce et publicités).

4. Les pédiatres, au moins, s'y connaissent en matière d'allaitement. Faux !
Bien sûr, il y a des exceptions. Toutefois, pendant leurs études ils ont reçu le même enseignement sur l'allaitement que les généralistes (à savoir généralement aucun), et pendant leur spécialisation la plupart n'ont rien appris sur l'allaitement ; le peu qu'ils auront éventuellement entendu ici et là sera généralement faux. Pour de nombreux pédiatres, l'allaitement est souvent " un obstacle à des soins de bonne qualité " lorsqu'un nourrisson est hospitalisé.

5. La littérature et les échantillons de lait distribués par les fabricants de lait industriel n'ont aucun impact sur la durée de l'allaitement. Ah bon ? Alors pourquoi les fabricants de lait industriel se donnent-ils autant de mal pour distribuer aux mères leurs feuillets d'information et leurs échantillons ? Est-ce vraiment pour les encourager à allaiter ? Investissent-ils de l'argent dans ces feuillets et ces échantillons pour les inciter à allaiter plus longtemps ? Les fabricants donnent pour argument que, si la mère veut donner un lait industriel, ils veulent que ce soit un lait de leur marque. En se faisant de la concurrence, les fabricants de lait industriel font aussi de la concurrence à l'allaitement. Croiriez-vous ces arguments s'ils vous étaient donnés par un fabricant de cigarettes ?

6. Si la mère donne un lait industriel en même temps que son lait, cela induira des problèmes chez le bébé. Faux ! Tout d'abord, la plupart des mères allaitantes n'auront pas besoin de lait industriel ; si une mère a un problème tel que le don de lait industriel semble nécessaire, le problème pourra en fait souvent être résolu sans utilisation d'un lait industriel. Mais si un tel lait est réellement nécessaire, il peut être donné avec le lait maternel sans aucun problème.

7. Allaiter un bébé à la demande peut lui donner des coliques. Faux !
Il est vrai que le bébé qui a des " coliques " est souvent au sein, et il est vrai qu'il prend souvent beaucoup de poids. Mais les coliques sont le plus souvent dues non au fait que le bébé tète souvent, mais au fait qu'il ne reçoit pas suffisamment de lait de fin de tétée riche en graisses. Typiquement, le bébé tète bien au début, et puis s'endort vite au sein ou tète mais ne boit pas. Après un certain temps, la mère le change de côté, et la même chose se reproduit. Ainsi le bébé qui ne reçoit que le lait relativement pauvre en graisses tétera souvent. Et s'il ne prend que du lait relativement pauvre en graisses, il peut aussi avoir des coliques, beaucoup de gaz, des selles aqueuses et expulsées avec violence, et il pleurera beaucoup. La mère peut rendre les tétées plus efficaces en s'assurant que le bébé est correctement mis au sein. Elle peut aussi comprimer le sein avec la main pour tirer du lait dans la bouche du bébé quand il commence à dormir au sein, ou à téter sans avaler de lait .

8. Une mère qui se fait vacciner (contre le tétanos, la rubéole, l'hépatite, etc.) doit arrêter l'allaitement pendant 24 heures (3 jours, 2 semaines…). Faux ! Pourquoi donc cela serait-il vrai ? Il n'y a aucun risque, et cela pourra même présenter des avantages pour le bébé. Une seule exception : lorsque le bébé souffre d'une déficience immunitaire, la mère ne doit pas recevoir de vaccin contenant un virus vivant (polio oral, rubéole, rougeole etc), même si elle nourrit son bébé au lait industriel.

9. La confusion sein-tétine n'existe pas. Faux !
Un bébé qui aura été nourri au biberon pendant par exemple une ou deux semaines après sa naissance refusera généralement le sein, même si sa mère a une sécrétion lactée abondante. Un bébé qui n'a eu que le sein pendant les 3 à 4 premiers mois refusera probablement de prendre un biberon. Certains bébés préfèrent un sein à l'autre. Les bébés nourris au biberon préfèrent souvent une sorte de tétine à une autre. Bref, il est courant que le bébé manifeste une préférence en la matière. La seule question est avec quelle rapidité il manifestera cette préférence. Dans certains cas, elle sera nette avec seulement un ou deux biberons. Un bébé qui a des difficultés à prendre le sein peut ne jamais avoir reçu de biberons, mais introduire une tétine en pareil cas améliorera rarement la situation et l'aggravera souvent. Toutefois, beaucoup de mères s'entendent dire que la confusion sein-tétine n'existe pas, et qu'il vaut mieux introduire rapidement les biberons afin que le bébé s'y habitue et les accepte bien.

Source : Feuillet n°14 More and More Breastfeeding Myths. Revisé en janvier 1998 Dr Jack Newman - Pédiatre - Responsable d'une consultation de lactation - Toronto - Canada

 

 

Par Naître Et Grandir Ensemble - Publié dans : Nourrir son enfant (au sein)
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Vendredi 9 mars 2007

Allaiter est la façon naturelle et physiologique de nourrir les bébés et les jeunes enfants, et le lait humain est spécifiquement destiné aux bébés humains. Les laits industriels préparés à partir de lait de vache ou de soja (pour la plupart d'entre eux) ne présentent que des ressemblances superficielles avec le lait humain, et les publicités qui affirment quoi que ce soit d'autre sont mensongères. Allaiter devrait être facile, et exempt de difficultés pour la plupart des mères. Un bon démarrage donne à l'allaitement toutes ses chances d'être une expérience heureuse, pour la mère comme pour son bébé.

La quasi totalité des mères sont parfaitement capable d'allaiter exclusivement leur bébé pendant 4 à 6 mois. En fait, la plupart des mères produisent plus qu'assez de lait. Malheureusement, les routines hospitalières obsolètes basées sur l'alimentation au lait industriel restent en vigueur dans de nombreux services de maternité, et rendent l'allaitement difficile, voire impossible pour certaines mères et leurs bébés. Pour que l'allaitement démarre correctement, les premiers jours peuvent être cruciaux. Cependant, même avec un très mauvais départ, beaucoup de mères et de bébés réussissent cette expérience.

Le point essentiel pour réussir à allaiter est de faire en sorte que le bébé prenne bien le sein. Un bébé qui prend correctement le sein reçoit correctement du lait. Un bébé qui ne prend pas bien le sein a des difficultés pour recevoir suffisamment de lait, surtout si la sécrétion lactée maternelle est faible. Une mauvaise prise du sein, c'est comme donner au bébé un biberon avec une tétine dont le trou est trop petit ; le biberon est plein de lait, mais le bébé n'en prendra pas beaucoup. Quand un bébé prend mal le sein, cela peut également causer des douleurs aux mamelons de sa mère. Et si le bébé ne reçoit pas suffisamment de lait, il restera au sein très longtemps, aggravant ainsi la douleur. Voilà quelques moyens qui contribuent à faciliter l'allaitement :

1. Le bébé devrait être mis au sein immédiatement après la naissance.
Les nouveau-nés peuvent presque tous être mis au sein dans les instants qui suivent la naissance. En fait, des recherches ont montré que, lorsqu'on leur en laisse la possibilité, des bébés nés depuis quelques minutes seulement rampent sur le ventre de leur mère jusqu'au sein, et commencent d'eux-mêmes à téter. L'ensemble de ce processus peut prendre une heure ou plus, mais durant ce temps la mère et le bébé doivent rester ensemble pour commencer à apprendre à se connaître. Les bébés qu'on laisse ainsi prendre le sein spontanément courent moins le risque de connaître des problèmes d'allaitement. Ce processus ne demande aucun effort de la part de la mère, et le prétexte de la trop grande fatigue maternelle après l'accouchement, souvent donné pour ne pas permettre cela, est tout simplement un non-sens. Soit dit en passant, des études ont également montré que le contact peau à peau entre une mère et son bébé permettait au bébé de stabiliser sa température aussi bien qu'un incubateur.

2. L'enfant devrait rester en permanence avec sa mère.
Il n'y a absolument aucune raison médicale pour que l'on sépare, même pour de courtes périodes, une mère et son enfant lorsqu'ils sont en bonne santé. Les maternités qui ont pour habitude de séparer les mères et les bébés après la naissance sont complètement dépassées, et les raisons invoquées pour ce faire démontrent aux parents qui commande (l'hôpital) et qui doit obéir (les parents). Souvent, de mauvaises raisons sont données pour justifier ces séparations. Par exemple que le bébé a avalé du méconium avant la naissance. Un bébé qui a avalé du méconium avant la naissance et qui se porte bien quelques minutes après la naissance se portera bien, et n'a aucunement besoin de passer plusieurs heures " en observation " dans un incubateur.

Il n'y a aucune preuve que les mères qui sont séparées de leur enfant soient plus reposées. Au contraire, elles sont plus reposées et moins angoissées quand elles ont leur bébé avec elles. La mères et son bébé apprennent comment dormir au même rythme. Ainsi, quand le bébé commence à se réveiller pour une tétée, la mère commence également à se réveiller naturellement. Ce n'est pas aussi fatigant pour la mère que d'être réveillée en phase de sommeil profond, comme c'est le cas lorsque le bébé est dans une autre pièce quand il se réveille.

Le bébé montre bien longtemps avant de pleurer qu'il a envie de téter. Sa respiration peut changer par exemple. Ou il peut commencer à s'étirer. La mère, alors dans un sommeil léger, va se réveiller, son lait va commencer à couler, et le bébé sera heureux de téter avant d'avoir eu à s'agiter. Un bébé qui a pleuré pendant un certain temps avant d'être mis au sein pourra refuser de téter même s'il est affamé. La mère et son bébé devraient être encouragés à dormir l'un près de l'autre à la maternité. C'est un excellent moyen pour la mère de se reposer quand le bébé tète. L'allaitement devrait être relaxant, et non fatigant.

3. On ne devrait pas donner de tétines au bébé.
Il semble y avoir une controverse au sujet de la " confusion sein-tétine ". Les bébés pourront préférer le moyen d'alimentation qui leur donnera le flot de liquide le plus rapide, et pourront refuser les autres moyens.
Ainsi, les premiers jours, quand la mère produit peu de lait (comme prévu par la nature), et que le bébé prend un biberon ( prévu par la nature ?) avec lequel il obtient un flot de lait abondant, il risque de préférer la méthode rapide. Nul besoin d'être un génie pour le comprendre, mais aucun des nombreux professionnels de santé qui sont pourtant censés vous aider, ne semble capable de le faire. La confusion sein-tétine n'a pas comme seule conséquence possible le refus du sein par le bébé, mais aussi que le bébé ne prendra pas le sein aussi bien qu'il pourrait le faire, et ainsi qu'il n'aura pas assez de lait et/ou que la mère aura des mamelons douloureux.
Qu'un bébé puisse " prendre les deux " ne veut pas dire que le biberon n'a pas d'effet négatif. Dans la mesure où il existe aujourd'hui des alternatives possibles quand le bébé a besoin de suppléments (DAL, soft cup) pourquoi utiliser un biberon ?

4. Pas de restriction de durée et de fréquence des tétées.
Un bébé qui tète correctement ne restera pas au sein pendant des heures pour une tétée. Si c'est le cas, c'est généralement qu'il ne prend pas correctement le sein et ne reçoit pas tout le lait disponible. Trouver de l'aide pour évaluer la succion du bébé, et utiliser la compression des seins pour que le bébé reçoive plus de lait. C'est cela qui aidera l'enfant, non l'utilisation d'une tétine ou d'un biberon, ou le fait de le mettre à la nurserie.

5. Les suppléments d'eau pure, d'eau sucrée ou de lait industriel sont rarement nécessaires.
La plupart des suppléments pourraient être évités si on permettait au bébé de prendre le sein correctement et de recevoir le lait disponible. Si on vous dit que votre bébé a besoin de suppléments sans que quelqu'un l'ait observé pendant qu'il tétait, demandez à recevoir l'aide d'une personne compétente. Il y a de rares indications médicales pour le don de suppléments, mais ces derniers sont souvent proposés pour le confort de l'équipe médicale. Si des suppléments doivent être donnés, ils doivent être a priori donnés avec un Dispositif d'Aide à la Lactation (DAL), pas avec une tasse, ni un compte-goutte, ni au doigt, ni au biberon. Le meilleur supplément est votre propre colostrum. Il peut être mélangé avec de l'eau sucrée si vous ne pouvez pas en tirer beaucoup la première fois. Les laits industriels ne sont pratiquement jamais nécessaires les premiers jours.

6. Une bonne prise du sein est cruciale pour le succès de l'allaitement.
C'est la clé d'un allaitement réussi. Malheureusement, de nombreuses mères sont " aidées " par des personnes qui ne savent pas comment évaluer une bonne mise au sein. Si on vous dit que votre bébé de deux jours tète correctement alors que vous avez les mamelons très douloureux, soyez sceptique, et demandez l'aide d'une personne compétente. Avant de quitter la maternité, on devrait vous avoir montré comment savoir que votre bébé tète correctement, qu'il reçoit véritablement votre lait, et vérifié que vous savez comment être sûre qu'il en reçoit suffisamment (type de succion ouverture-pause-fermeture). Si vous et votre bébé quittez la maternité sans savoir cela, demandez de l'aide rapidement.

7. Les boites de lait industriel gratuites et les documents édités par les fabricants de lait industriel ne sont pas des cadeaux.
Leur unique objectif est de vous amener à acheter du lait industriel. C'est une technique de marketing très efficace et d'une moralité plus que douteuse. Si vous en recevez de la part d'un professionnel de santé quel qu'il soit, vous êtes en droit de vous interroger sur ses connaissances en matière d'allaitement et sur son niveau d'engagement en faveur de l'allaitement. " Mais j'ai besoin de lait industriel parce que mon bébé ne prend pas assez de lait ! ". Peut-être, mais, plus vraisemblablement, vous n'avez pas reçu une aide efficace, et votre bébé ne reçoit tout simplement pas tout votre lait. Cherchez une aide efficace. Les échantillons de lait industriel ne sont pas une aide.

Dans certaines circonstances, il peut être impossible de démarrer l'allaitement rapidement. Cependant, la plupart des indications médicales (prise de médicaments par la mère, par exemple) ne sont pas de bonnes raisons pour arrêter ou retarder l'allaitement, et si on vous a dit le contraire vous avez été mal informée. Demandez une aide efficace. Les bébés prématurés peuvent commencer à être allaités beaucoup, beaucoup plus tôt que ce qui est préconisé dans de nombreux services de néonatologie. En fait, les études ont montré qu'il est plus facile pour un bébé d'être nourri au sein que de recevoir un biberon. Malheureusement, de nombreux professionnels de santé s'occupant de prématurés ne semblent pas être au courant de ce fait.

Source : Feuillet n°1. Bien démarrer l'allaitement. Révisé en janvier 2000
Jack Newman ; Pédiatre - Responsables de consultations de lactation - Toronto - Canada

Par Naître Et Grandir Ensemble - Publié dans : Nourrir son enfant (au sein)
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